Centrale nucléaire de Flamanville

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La centrale nucléaire de Flamanville est située sur la commune de Flamanville (Manche), sur la côte ouest de la péninsule du Cotentin, au pied d'une falaise granitique haute de 70 mètres, à 25 km à l'ouest de Cherbourg et à 20 km au sud de l'usine de retraitement de la Hague.

Flamanville 1 et 2[modifier]

La centrale nucléaire, également appelée Centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) de Flamanville, est située sur la commune de Flamanville (Manche), près des Pieux, sur la côte ouest de la péninsule du Cotentin. Construite au pied d'une falaise granitique haute de 70 mètres, à 25 km au sud-ouest de Cherbourg, la centrale de Flamanville se trouve à l’emplacement de l'ancienne mine de fer de Flamanville, qui a fonctionné plus de 100 ans de façon discontinue, de 1860 à 1962.

Flamanville figure parmi les lieux d’implantation du programme de développement nucléaire français des années 1970. En 1975, une consultation publique est organisée à Flamanville. 63,7 % des Flamanvillais se prononcent en faveur de l’implantation de la centrale nucléaire. À la suite de l’enquête publique menée en décembre 1977, la Déclaration d’Utilité Publique paraît au Journal officiel de la République française le 24 décembre 1977. Les premiers terrassements sont effectués en janvier 1978 sur le site de l'ancienne mine de fer.

Après 6 ans de travaux, les premières épreuves hydrauliques des réacteurs sont effectuées en octobre 1984 pour le réacteur no 1 et en septembre 1985 pour le réacteur no 2. L’unité de production no 1 est mise en service le 4 décembre 1985, pour atteindre sa puissance nominale le 18 mars 1986. L’unité de production no 2 est mise en service le 18 juillet 1986, pour atteindre sa puissance nominale le 6 novembre 1986.

Le site s’étend sur 120 hectares dont la moitié a été gagnée sur le domaine maritime. Une digue de 950 mètres de long et une jetée de 300 mètres protègent les installations. La plateforme du site de Flamanville est située à 12,4 m de hauteur. EDF décide en 2004, d’augmenter la capacité de la centrale de Flamanville et propose l’implantation d’un réacteur EPR. Après les premiers travaux de préparation en 2006, la construction de l'EPR a débuté en décembre 2007 et se poursuit aujourd'hui. Il constitue le premier exemplaire d'une nouvelle génération de réacteurs nucléaires.

Production et maintenance[modifier]

La centrale participe à l'alimentation en électricité de la Basse-Normandie, de la Bretagne et des îles Anglo-Normandes. Le raccordement au réseau national de transport d’électricité de 400 000 volt (400 kV) s’effectue au poste de Menuel, près de Bricquebec, où l’électricité est redistribuée prioritairement vers le Nord-Cotentin, Caen et Rennes. En 2005, elle produisait 18,9 térawatts-heures (TWh)[1], en croissance de 4 % par rapport à 2004, correspondant à 4 % de la production française, record de production pour Flamanville. Le 15 avril 1993 le CNPE de Flamanville a atteint une production nette cumulée de 100 milliards de KWh. Pour atteindre ce résultat, le réacteur no 1 a fonctionné pendant 43 698 heures et le réacteur no 2 39 890 heures. Les 200 milliards de KWh produits par Flamanville ont été atteints en 2011.

Tous les 12 à 18 mois, les réacteurs sont arrêtés pour maintenance et rechargement partiel en combustible neuf. Il y a trois types d’arrêts :

  • arrêt pour simple rechargement du combustible ;
  • visite partielle, consacrée au rechargement du combustible et à un important programme périodique de maintenance ;
  • visite décennale qui inclut des contrôles approfondis et réglementaires des principaux composants que sont la cuve du réacteur, le circuit primaire et l’enceinte du bâtiment réacteur.

La centrale nucléaire de Flamanville a été conçue pour une durée d’exploitation de 40 ans, validée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Pour atteindre cet objectif de durée de fonctionnement, une réévaluation et un réexamen de sûreté ont lieu tous les 10 ans lors des visites décennales, pour prendre en compte les progrès technologiques et le retour d’expérience de l’ensemble des installations nucléaires dans le monde, puis effectuer les modifications nécessaires en augmentant toujours le niveau de sûreté de l’installation. Les prochaines visites décennales, déterminantes pour la poursuite de l’exploitation des deux réacteurs de Flamanville, auront lieu en 2017 et 2018.

Emploi[modifier]

Fin 2012, 731 salariés EDF et 331 salariés prestataires travaillent en permanence à la centrale. En période d’arrêt pour maintenance, entre 500 et 1 500 personnes viennent de toute la France pour renforcer les équipes déjà sur place et intervenir sur les installations.

Surveillance de l'environnement[modifier]

Par arrêté interministériel de 2004, EDF a l’obligation de surveiller l’environnement autour de ses installations. Divers moyens de mesures sont répartis autour de la centrale de Flamanville. Des échantillons sont également prélevés par les techniciens Environnement et analysés par le laboratoire de mesures de la centrale. Depuis 2009, le laboratoire EDF de la centrale de Flamanville est accrédité par le Comité Français d’Accréditation (COFRAC), norme qualité ISO 17025, ce qui lui permet d’effectuer lui-même les mesures Bêta Aérosol (mesure de la radioactivité des poussières atmosphériques dans l’air ambiant à proximité de la centrale). L’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) assure en permanence la surveillance réglementaire radiologique de l’environnement. Des organismes indépendants, comme l’Institut Français pour la Recherche et l’Exploitation de la Mer (IFREMER), réalisent des contrôles hydrobiologiques du milieu marin, tandis que l’IRSN effectue des études radio-écologiques de la chaîne alimentaire en milieux terrestre et marin. Ces contrôles n’ont relevé aucune modification significative de l’écosystème depuis le début de l’exploitation de la centrale. Plus de 12 000 mesures et contrôles sont réalisés chaque année. Depuis 2003, la centrale est certifiée ISO 14001, norme relative au management environnemental. En 2012, les rejets émis par l’exploitation de la centrale sont toujours restés inférieurs aux limites autorisées et plus de 81 % des déchets ont été recyclés ou valorisés.

Caractéristiques des réacteurs[modifier]

Les réacteurs 1 et 2 de Flamanville sont des réacteurs à eau pressurisée (REP) du palier 4 (P4), de même que les réacteurs des centrales nucléaires de Paluel et Saint-Alban.

Les deux chaudières nucléaires ont été construites par Framatome. Les groupes turbo-alternateurs à vapeur ainsi que l'essentiel de leurs auxiliaires mécaniques et électriques ont été installés par Alstom.

Chacun des réacteurs nucléaires 1 et 2 de Flamanville peut fournir une puissance thermique maximale de 3 817 MW à l'alternateur, qui génère une puissance électrique de 1 382 MW, ce qui permet à l'unité de délivrer 1 330 Mégawatts sur le réseau électrique.

Les caractéristiques des réacteurs en service sont les suivantes.

Nom du réacteur Début de la construction Raccordement au réseau Mise en service comm. 1re Visite décennale 2e Visite décennale
Flamanville-1 décembre 1979 décembre 1985 décembre 1986 ? du 23 fév.
au 11 juillet 2008.
Flamanville-2 mai 1980 juillet 1986 mars 1987 ? du 26 juil.
au 15 décembre 2008

Chantier Flamanville 3[modifier]

Contexte du projet[modifier]

En France, EDF l’exploitant du parc nucléaire anticipe un éventuel renouvellement des centrales à l’horizon 2020, en remplacement des tranches REP qui arriveront en fin de vie. Afin de bénéficier d’un retour d’expérience de conception et d’exploitation pour la construction de réacteurs à partir de 2020, EDF a décidé (avec l'accord des autorités gouvernementales) de construire la (seconde) tête de série de l’EPR sur le site de la centrale de Flamanville (Manche) pour une mise en service initialement prévue en 2012, mais repoussée à plusieurs reprises, notamment en raison d'« anomalies de fabrications » sur une cuve comme annoncé par l'ASN en avril 2015. En septembre 2015, elle est prévue pour la fin 2018. La centrale nucléaire de Flamanville avait été conçue pour accueillir quatre tranches (deux sont en activité en 2007), il y a donc la possibilité de construire un nouveau réacteur avec des travaux de terrassement réduits. La localisation en bord de mer est plus favorable que le bord de rivière du point de vue thermodynamique (source froide plus importante et minimisation de l’impact d’une éventuelle nouvelle canicule). Les opposants à l’EPR affirment qu’il existe une surcapacité en France et que la construction de l’EPR de Flamanville ne serait donc pas nécessaire.

Débats sur son autorisation[modifier]

Un premier débat a lieu en 2002/2003 sous l’égide de Nicole Fontaine, alors ministre à l’industrie. EDF fournit un dossier de maître d’ouvrage en 2004 en vue d’un débat public. La loi d’orientation sur l’énergie du 13 juillet 2005 fournit le cadre législatif pour le projet EPR. Ce projet est soumis au débat public au niveau national entre octobre 2005 et février 2006. Le 15 avril 2006, des dizaines de milliers de manifestants (près de 30 000 personnes selon les organisateurs, 12 500 selon la police et plus de 20 000 selon les renseignements généraux locaux) se sont rassemblés à l’appel du Collectif Stop EPR à Cherbourg, près de Flamanville, pour s’opposer au projet. L’association Greenpeace France a lancé une campagne intitulée « EDF, demain j’arrête », qui vise à s’opposer au projet EPR en faisant pression sur EDF.

L’enquête publique, préalable à l’avis du préfet, est menée du 15 juin au 30 juillet 2006 (la tenue en période estivale de l’enquête publique est mise en cause par les opposants au projet).

Le samedi 17 mars 2007, des manifestations réunissent dans cinq villes de France entre 20 000 personnes selon la police et 62 000 personnes selon les organisateurs du Collectif Stop EPR.

Le 11 avril 2007, après avis du préfet et de l’Autorité de sûreté nucléaire, EDF est autorisé par décret à créer l'installation nucléaire de base pour le réacteur EPR Flamanville 3. Ce décret prévoit un délai de 10 ans - soit jusqu'au 11 avril 2017 - pour réaliser le premier chargement en combustible nucléaire du réacteur. Des associations et partis politiques protestent contre la publication de ce décret avant l’élection présidentielle française de 2007.

Début septembre 2015, alors que la mise en service du réacteur EPR de Flamanville est reportée en 2018, le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy s’apprête à demander une prolongation de l’arrêté de création du réacteur qui prévoyait un chargement en combustible avant le 11 avril 2017. « Ce subterfuge sera attaqué en justice », a déjà prévenu l'Observatoire du nucléaire, estimant que l’Enquête publique et le débat national sont caducs et devraient être refaits.

Débats sur son autorisation[modifier]

Un premier débat a lieu en 2002/2003 sous l’égide de Nicole Fontaine, alors ministre à l’industrie. EDF fournit un dossier de maître d’ouvrage en 2004 en vue d’un débat public. La loi d’orientation sur l’énergie du 13 juillet 2005 fournit le cadre législatif pour le projet EPR. Ce projet est soumis au débat public au niveau national entre octobre 2005 et février 2006. Le 15 avril 2006, des dizaines de milliers de manifestants (près de 30 000 personnes selon les organisateurs, 12 500 selon la police et plus de 20 000 selon les renseignements généraux locaux) se sont rassemblés à l’appel du Collectif Stop EPR à Cherbourg, près de Flamanville, pour s’opposer au projet. L’association Greenpeace France a lancé une campagne intitulée « EDF, demain j’arrête », qui vise à s’opposer au projet EPR en faisant pression sur EDF.

L’enquête publique, préalable à l’avis du préfet, est menée du 15 juin au 30 juillet 2006 (la tenue en période estivale de l’enquête publique est mise en cause par les opposants au projet).

Le samedi 17 mars 2007, des manifestations réunissent dans cinq villes de France entre 20 000 personnes selon la police et 62 000 personnes selon les organisateurs du Collectif Stop EPR.

Le 11 avril 2007, après avis du préfet et de l’Autorité de sûreté nucléaire, EDF est autorisé par décret à créer l'installation nucléaire de base pour le réacteur EPR Flamanville 3. Ce décret prévoit un délai de 10 ans - soit jusqu'au 11 avril 2017 - pour réaliser le premier chargement en combustible nucléaire du réacteur. Des associations et partis politiques protestent contre la publication de ce décret avant l’élection présidentielle française de 2007.

Début septembre 2015, alors que la mise en service du réacteur EPR de Flamanville est reportée en 2018, le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy s’apprête à demander une prolongation de l’arrêté de création du réacteur qui prévoyait un chargement en combustible avant le 11 avril 2017. « Ce subterfuge sera attaqué en justice », a déjà prévenu l'Observatoire du nucléaire, estimant que l’Enquête publique et le débat national sont caducs et devraient être refaits.

Chantier de construction[modifier]

Le 17 avril 2007, Areva NP signe le contrat de fourniture du réacteur EPR et entame le chantier. Le 26 avril, Greenpeace mène une action de blocage du chantier, puis l'interrompt le lendemain sous la menace de sanctions financières.

Initialement prévue en 2012, la mise en service est repoussée en 2018. L’EPR est une construction inédite en France, plusieurs étapes ont jalonné sa progression.

Le 3 janvier 2007, un tir de mine a projeté des roches sur les installations de la tranche no 2. Les tirs de mines ont alors été suspendus bien que, selon un communiqué d’EDF, « cet évènement n’a pas eu de conséquences ni pour le personnel travaillant sur le chantier et la centrale, ni sur le fonctionnement des installations ».

Il faut donc attendre le 3 décembre 2007 pour que commence vraiment la construction de l’unité de production Flamanville 3. On assiste alors à la coulée du premier béton de l’îlot nucléaire, pour laquelle 10 000 tonnes ont été nécessaires afin de réaliser un cylindre de plus de 55 mètres de diamètre, sur 1,75 mètre de hauteur.

Parallèlement, deux rapports de l'ASN sont publiés le 6 novembre et le 28 avril 2008, qui nous apprennent que « des fissures » sont apparues « à la coulée d'un bloc de béton composant la plate-forme (le radier) de l'îlot nucléaire de l'EPR ». C’est pourquoi, en mai 2008 l'Autorité de sûreté nucléaire ordonne la suspension des travaux de bétonnage à Flamanville 3, pendant un mois. Cette décision – une première dans l'histoire des centrales nucléaires en France – a contraint EDF à arrêter les travaux. En sus de la sanction de suspension, une lettre d'injonction de Thomas Oudré, chef de division, est envoyée. Il y exige qu'EDF mette enfin au point des procédures de contrôle satisfaisantes avant toute reprise des travaux.

L'Autorité de sûreté nucléaire a finalement autorisé le 20 juin 2008 la reprise des activités de coulage du béton suspendues le 21 mai.

Le 20 octobre 2008, les six tuyauteries du système de sauvegarde sont installées dans le bâtiment réacteur. Les tuyauteries RIS-EVU mesurent 80 cm de diamètre sur environ 16 mètres de long ; elles participent notamment au refroidissement du réacteur et de l’enceinte. La pose de ces « composants particulièrement sensibles pour la sûreté » a été effectuée par Bouygues et Areva. Sur cette opération, les inspecteurs de l’Autorité de Sûreté Nucléaire « ont conclu à l’existence de mesures adaptées, qui répondent aux exigences fixées par l’arrêté qualité ».

Le 7 mai 2009 le pôle nucléaire du groupe CTI creuse les sept piscines de la centrale, dont 3 dans le bâtiment combustible et quatre dans le bâtiment réacteur. Au sujet de ces travaux, Jean-Mathieu Rambach, ingénieur en génie civil à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, précise que « les parois en béton de la piscine du réacteur seront recouvertes d’une peau métallique, qui constituera le cuvelage et donc assurera l’étanchéité ».

Le 8 décembre 2010, débute le montage du groupe turbo alternateur sur le site. Une partie stratégique de la centrale puisque c’est elle qui « assure la production d’électricité » avec « sa ligne d'arbre de 70 mètres de long ».

Le 23 mai 2011, la salle de commande de l’EPR est installée au sein de la centrale. Après la création d’une réplique de la salle en novembre 2010, où les deux opérateurs et le chef d’exploitation ont été formés à la conduite informatisée des installations, le poste de pilotage et de contrôle du fonctionnement est construit à proximité du réacteur.

À la fin de l'année 2012, 93,5 % du génie civil et 41,2% des montages électro-mécaniques sont finalisés. Ensuite, l’année 2013 aura été marquée par plusieurs étapes cruciales de la construction de la centrale, en particulier pour les éléments électriques.

En mars 2013, la mise sous tension des transformateurs de soutirage a été effectuée, permettant à l’EPR de bénéficier d’une alimentation électrique entièrement indépendante de l’alimentation actuelle issue de la centrale numéro 2 de Flamanville. Pour préparer ce raccordement, les équipes d’EDF et d’Ineo avaient tiré, fin janvier, 3 câbles de 600 mètres, sur la plateforme électrique. Début février, des essais d’aspersion avaient été réalisés sous le contrôle d’EDF.

Au début du mois d’avril, les premières armoires de contrôle commande ont été installées dans la partie nucléaire des installations. La pose et le raccordement de ces armoires ont été confiés à l’entreprise Snef. Avec cette étape, le site entre dans sa configuration définitive d’alimentation électrique.

Le 16 juillet 2013, l’installation du dôme du bâtiment réacteur a été réussie par Big Benny. Construit par la société belge Sarens, Big Benny fait partie des trois plus grandes grues au monde et mesure 200 mètres de hauteur. Il a ainsi pu soulever sur 44 mètres la structure pesant près de 300 tonnes avec une précision de pose à 5 millimètres[1].

Fin janvier 2014, la cuve du réacteur nucléaire EPR, d’un poids de 425 tonnes, pour 11 mètres de hauteur et 5,5 mètres de diamètre, a été posée avec succès dans le puits de cuve situé au centre du bâtiment réacteur. Le directeur du chantier, Antoine Ménager, a annoncé les premiers essais pour 2015.

EDF a annoncé le 18 novembre 2014 un nouveau report de la mise en service à 2017 : la durée de construction prévue atteint désormais dix ans ; EDF attribue ce retard à des difficultés  rencontrées par Areva pour livrer certains équipements, comme le couvercle et les structures internes de la cuve, ainsi qu’à la mise en place de la réglementation des équipements sous pression nucléaires (ESPN) pour laquelle Flamanville 3 est tête de série, en particulier sur un lot de montage réalisé par Areva et ses entreprises sous-traitantes.

Le 7 avril 2015, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé qu'AREVA l'a informé d'une anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur de l’EPR de Flamanville. Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, a demandé au fabricant de donner sans délai les suites qui s’imposent au rapport de la ASN. Dans un rapport technique publié le 8 avril 2015, l'ASN précise que "Les essais réalisés à ce stade mettent en lumière un défaut de maîtrise de la qualité des fabrications, ayant un impact sur les caractéristiques mécaniques des matériaux.". Le président de l'ASN à expliqué dans la presse qu'"en dépit des difficultés matérielles à remplacer cette cuve, c'est une option réalisable, parce qu'elle n'a pas encore été irradiée, le réacteur n'étant pas en marche". Pour l'agence Wise-Paris: "Toute solution de réparation [..] conduirait presque certainement à devoir évacuer le corps de la cuve". Selon l'organisation écologiste Greenpeace, cette anomalie pourrait condamner le réacteur EPR de Flamanville.

Le 3 septembre 2015, EDF annonce que la construction de l'EPR coûtera finalement 10,5 milliards d'euros, soit 7 milliards d'euros de plus que l'estimation initiale. La fin des travaux est fixée au 4e trimestre 2018.

Social et emploi[modifier]

Économie du projet[modifier]

Le réacteur sera dimensionné pour une puissance thermique de 4 500 MW destinée à la production d’électricité (1 650 MW). Son coût, initialement estimé à 3,4 milliards d’euros, est successivement réévalué par EDF à 4 milliards en décembre 2008, à 5 milliards d'euros en juillet 2010, à 6 milliards d'euros en juillet 2011, à 8,5 milliards d'euros en décembre 2012, puis à 10,5 milliards d'euros en septembre 2015.

En décembre 2012, toujours à la suite de cette annonce, le groupe italien Enel a préféré annoncer son retrait du projet. En mai 2005, Enel et EDF avaient signé une lettre d’intention pour qu’Enel participe à hauteur de 12,5 % au projet Flamanville 3. L’administrateur délégué de Enel, Fulvio Conti, déclarait alors que, par sa participation à l’EPR, Enel retrouverait les capacités nucléaires perdues après le référendum de 1987 en Italie. Mais le 13 juin 2011, 25 millions d’Italiens (94 % des votants) ont dit "non" à la relance du nucléaire, voulue par Silvio Berlusconi. Ce vote souverain, qui marque un adieu sans doute définitif à l’atome dans la Péninsule, a également contribué au retrait d'Enel du projet EPR.

La facture de l'EPR finlandais, de même puissance et qui en est à une phase plus avancée des travaux, s’élevait initialement à 3 milliards d'euros, puis a été réévaluée en 2011 à 6,6 milliards d'euros. Finalement, le PDG d’Areva, Luc Oursel a spécifié en décembre 2012 que la facture d’Olkiluoto 3 devrait être du même ordre que celle de l’EPR de Flamanville.

Emplois sur le chantier[modifier]

À la fin de l’année 2013, on dénombrait 2850 travailleurs sur le chantier, pour 57% d’emploi local (Basse-Normandie) et 19% de salariés d’origines étrangères. Pour obtenir cette répartition, et faire appel au maximum à la main d’œuvre de proximité, les industriels ont notamment été aidés par la Chambre de commerce et d'industrie de Cherbourg-Cotentin. La chambre consulaire a en effet publié un guide à destination des entrepreneurs de la région dans le but d’obtenir une « meilleure anticipation et une bonne coordination des acteurs de notre territoire ».

De plus, la Direction Général de la Compétitivité de l’Industrie et des Services (DGCIS) rappelle que dans le volet « condition de recours aux entreprises prestataires » des Évaluations Complémentaires de Sûreté, « la filière a mis au point, avec les représentants des salariés, un cahier des charges social applicable aux prestations de services et de travaux réalisées sur une Installation Nucléaire de Base en France ». Par ailleurs le site de Flamanville s’est vu attribué le « label grand chantier » par le Premier Ministre en 2008. Au total, un budget de 110 millions d’euros a pu être déployé notamment dans le cadre de l’Engagement de Développement des Emplois et des Compétences (EDEC) qui consacre la formation et la reconversion des salariés comme deux priorités. Concrètement cela s’est traduit par 540 000 heures de formation dispensées, dont 55 000 en 2013.

Sources[modifier]

Liens externes[modifier]